Pollution : La chasse aux coupables est ouverte

Hier,la police hongroise a interpellé et mis en garde à vue pour 72 heures le directeur général de MAL, Zoltan Bakonyi, qui n’est autre que le fils de l’un des propriétaires de la société en cause dans l’accident de Kolontar. Les autorités ont également initié une procédure de mise en détention préventive.

Ça sentait le climat de crise, lundi après-midi, dans le discours au parlement du premier ministre hongrois Viktor Orban. Les yeux de l’Europe, sinon du monde, sont rivés sur la Hongrie et sa gestion de la catastrophe écologique, humaine et industrielle à laquelle elle doit faire face. Une semaine jour pour jour après l’accident de l’usine d’Ajka et l’anéantissement du village de Kolontar et ses environs par des centaines de milliers de mètres cubes de boue rouge toxique, Orban a déja trouvé des « responsables ». Il a directement désigné Zoltan Bakonyi, le directeur de l’usine MAL dont le réservoir de déchets a cédé, et a annoncé par la même occasion sa mise en garde à vue pour 72 heures.

Soupçonné d’avoir surchargé les réservoirs de « Magyar Aluminium », M. Bakonyi risque jusqu’à huit ans de prison. L’Etat hongrois va aussi prendre le contrôle de Magyar Aluminium (MAL) et geler ses actifs, a indiqué le premier ministre. « Nous avons de bonnes raisons de supposer que certains étaient conscients de la fragilité du réservoir et ont choisi de ne rien faire par intérêt personnel », a déclaré lundi Viktor Orban, au Parlement. Sur un ton un poil démagogique, il a rappelé la primauté de l’intérêt collectif  sur l’intérêt particulier.


« L’entreposage illégal de déchets est un crime » Zoltan Illes

La société affirme toujours qu’elle a respecté la loi et les normes en vigueur. Le secrétaire d’Etat à l’Environnement, Zoltan Illes, a confirmé hier qu’il n’y avait pas pour l’instant de preuves d’une culpabilité des dirigeants de la société MAL dans la catastrophe. « Pour l’instant, nous ne savons pas encore si la société avait surchargé ou non ses réservoirs, mais si c’est le cas, c’est de l’entreposage illégal de déchets et cela est un crime ».

La branche du WWF, photo à l’appui, avait affirmé quelques jours plus tôt que le réservoir fuyait depuis juin dernier. « L’accident aurait pu facilement être évité si les exploitants avaient respecté leurs obligations« , a affirmé Andreas Beckmann, le directeur du programme WWF pour la région du Danube.

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