Hockey : la Hongrie dans tous ses états

C’est devant son public de la Papp László Sportárena que la Hongrie a disputé le tournoi Mondial B de hockey sur glace qui offrait deux places pour accéder au championnat du monde A. Dans un groupe difficile, les Magyars devaient jouer 5 rencontres en une semaine pour obtenir le droit de retrouver une élite mondiale qu’ils ont quitté en 2009. Retour sur une semaine riche en émotion pour les supporters hongrois.

Crédit : Nemzetisport.hu

Lundi : le couac coréen

Dimanche 14 avril, le tournoi commence sur les chapeaux de roue pour les Hongrois. Les hommes du coach canadien Rich Chernomaz l’emporte logiquement face à la Grande Bretagne (4-2) grâce à une deuxième période somptueuse (3-0).

Le jour d’après, les Hongrois sur la lancée de leur premier match, débutent face à la Corée du sud de la meilleure des manières et mènent 3-0 à la fin de la première période, puis 4 à 1 à la fin de la seconde. La Hongrie semble s’envoler vers une deuxième victoire de rang. Mais, si les sportifs hongrois sont capables d’exploits retentissants, ils ont également la mauvaise habitude de tomber subitement dans la facilité et de s’imaginer victorieux trop hâtivement. Les supporters de football magyars sont bien placés pour le savoir, un match dans une compétition internationale, quelque soit le sport, se joue jusqu’aux dernières secondes.

Lors du troisième tiers-temps, les hockeyeurs hongrois, endormis, s’emmêlent les patins et voient des Coréens, survoltés, revenir à leur hauteur (4-4). Comme les  prolongations ne donnent rien, les deux équipes doivent être départagées par la séance des tirs au buts. Et à ce jeu là, devant un public médusé, c’est la Corée du Sud qui est la plus efficace et qui l’emporte 2 tirs au but à 1. A Budapest, la déception est immense. Alors qu’elle s’apprête à rencontrer les deux cadors du groupe, le Kazakhstan et l’Italie, la Hongrie compte d’ores et déjà une défaite à son compteur et voit ses rêves d’accession s’effriter.

Mercredi : l’exploit face au Kazakhstan

A présent, les hongrois n’ont plus le droit à l’erreur. Pour accéder à l’élite, ils doivent battre l’ensemble de leurs adversaires et espérer que les autres résultats du groupe jouent en leur faveur. Mercredi, à l’heure d’affronter le Kazakhstan, l’euphorie entrevue quelques jours auparavant chez les fans magyars a clairement disparue. Et pour cause : dans toute son histoire, la Hongrie n’a jamais remporté un seul match contre les Kazakhs.

Mais contre toute attente, la Hongrie va faire mentir l’histoire et les statistiques. Les Magyars poussés par un public en feu sortent le match parfait. Héroïques en défense, ils résistent aux assauts kazakhs en première et deuxième période (0-0, 1-1) et parviennent à s’imposer dans l’ultime tiers-temps grâce à une réalisation de ViktorTokaji (2-1). Dans les tribunes de la Papp László Sportárena, l’espoir renait. Les rouges et verts viennent de faire trébucher l’ogre kazakh, le favori du groupe. S’ils battent l’Italie, ils ont de grandes chances de retrouver l’élite mondiale la saison prochaine.

Vendredi : La désillusion face à l’Italie

Hongrie – Italie est le match le plus important de ce groupe B. Il s’agit de l’avant-dernière rencontre pour les deux équipes. Le vainqueur du match aura de grandes chances de décrocher l’un des deux fameux sésames ouvrant les portes de l’élite mondiale. Sur le papier, l’Italie dispose sans doute d’un meilleur effectif que la Hongrie. Mais ce sont les Hongrois qui ont les faveurs des pronostics : Ils jouent devant leur merveilleux public, ils sont en pleine confiance grâce à leur victoire éclatante face au Kazakhstan et surtout, ils sont la bête noire des Italiens. Sur les 7 derniers rendez-vous entre les deux équipes, la Hongrie a, en effet, remporté la mise à 6 reprises.

Pourtant, ce sont les Transalpins qui ouvrent le score en début de match par l’intermédiaire de Vince Rocco. Quatre minutes plus tard, les Hongrois égalisent grâce à l’ailier gauche Árpád Mihály. Le score restera identique jusqu’au milieu de la troisième période, jusqu’à que l’attaquant Pat Iannone envoie l’Italie au septième ciel. La Hongrie ne reviendra plus. Une nouvelle fois, ses supporters n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Le lendemain, la Hongrie remporte son ultime rencontre face au Japon(1-0), mais il est déjà trop tard. Les Magyars terminent troisièmes de leur groupe et voient l’Italie et le Kazakhstan accéder à l’élite mondiale dont le tournoi en 2014 se déroulera en Biélorussie. Les Hongrois, quant à eux, devront patienter une année de plus pour avoir la possibilité de tutoyer à nouveau les sommets du hockey international.

Nicolas Gidaszewski