Slovaquie : coup de filet de la police contre des magistrats présumés corrompus

Mercredi au petit matin, la police slovaque a déclenché une opération anti-corruption de grande envergure pour frapper le réseau du mafieux Marian Kočner dans le secteur judiciaire.

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées ce mercredi matin aux aurores dans toute la Slovaquie, lors d’une opération spéciale de la police slovaque NAKA, a annoncé la télévision Markíza. La NAKA a interpellé treize juges, un ancien juge, un avocat et deux civils.

Parmi elles se trouvent les juges Denisa Cviková, Zuzana Maruniaková et Andrea Haitová, mais surtout l’ancienne secrétaire d’État au ministère de la Justice Monika Jankovská. Cette dernière avait dû démissionner après les révélations dans la presse au mois d’août sur sa correspondance privée avec Marian Kočner, un homme d’affaires impliqué dans plusieurs affaires de corruption et principal accusé du meurtre du journaliste Ján Kuciak en février 2018.

Une dizaine de juges, dont Monika Jankovská, ont été conduits par la police à Nitra, une ville du sud-ouest du pays. Un procureur du bureau du procureur spécial a déjà été dépêché sur place. Peu avant 8h, c’est Marian Kočner qui a été conduit à Nitra, affublé d’un gilet pare-balles, par un groupe de policiers lourdement armés.

Selon TV Markíza et le journal Denník N, la police va probablement placer en garde à vue un certain nombre d’entre eux, avant de possibles poursuites judiciaires. Ces personnes soupçonnées d’avoir travaillé en sous-main pour le compte de Marian Kočner ont été arrêtées sur la base de déclarations de témoins, mais aussi des communications que celui-ci entretenait avec elles, échangées via l’application sécurisée Threema et retrouvées par les enquêteurs l’année dernière dans son téléphone.

Igor Matovič, vainqueur des élections législatives le 29 février et futur premier ministre pressenti, est en train de mettre sur pied une coalition gouvernementale composée de quatre partis qui ont fait de la lutte contre la corruption leur priorité. L’an dernier, la présidente de la République Zuzana Caputová a estimé nécessaire de « nettoyer » la police et la justice.

Corentin Léotard