Paweł Adamowicz, le maire de Gdańsk, a succombé à ses blessures

Maire emblématique de la perle hanséatique depuis vingt ans, Paweł Adamowicz a succombé à ses blessures lundi après-midi après une attaque au couteau dimanche soir dans sa ville de Gdańsk.

Gdańsk (correspondance) – Dimanche, le 13 janvier, dans la soirée, un agresseur a attaqué le maire de Gdańsk, ville portuaire du nord de la Pologne. Paweł Adamowicz, réélu sans discontinuer depuis vingt ans et très populaire dans tout le pays, a succombé à ses blessures, a annoncé son compte officiel Twitter.

Le maire a été poignardé alors qu’il assistait à la vingt-septième finale du Grand orchestre de charité de Noël en faveur des hôpitaux. Touché au cœur, au diaphragme et à l’aorte abdominale, il a été immédiatement transporté à l’hôpital et l’assaillant neutralisé et écroué par les forces de police. Ce dernier, un jeune homme âgé de vingt-sept ans, a néanmoins eu le temps de revendiquer son acte face à un public sous le choc.

« La Plateforme civique me torturait. C’est pour cela qu’Adamowicz est mort », a déclaré le déséquilibré, faisant référence au parti d’opposition PO auquel appartenait le maire, connu pour ses positions libérales et progressistes. Stefan W. avait fait l’objet d’une première mise en détention en 2014 en raison de quatre braquages de banque, et avait été condamné à cinq ans de prison.

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Paweł Adamowicz a été pris en charge dès le dimanche soir par les médecins de l’hôpital de l’Université médicale de Gdańsk, où ils ont tenté de le ramener à la vie au terme d’une intervention de plus de cinq heures, comme l’a rapporté le docteur Tomasz Stefaniak. Si l’équipe médicale n’excluait pas une sortie d’affaires du maire, Jerzy Karpiński – représentant de la voïvodie de Poméranie – avait avancé avec prudence un pronostic incertain.

Toute la soirée de dimanche et la journée de lundi, les Polonais ont retenu leur souffle, avant l’annonce du décès en ce début d’après-midi. Des personnalités politiques mais aussi de simples citoyens n’avaient pas attendu pour envoyer des expressions de solidarité et d’espoir, en dépit souvent des appartenances politiques. Le président Andrzej Duda, le premier ministre Mateusz Morawiecki, le président de la commission européenne Donad Tusk, le ministre de l’Intérieur Joachim Brudziński, ainsi que les autres maires de la l’agglomération Wojciech Szczurek de Gdynia et Jacek Karnowski de Sopot, aussi bien que son ancien adversaire aux municipales Kacper Płażyński, ont qualifié unanimement l’attaque d’acte de barbarie inouïe.

Les charges du maire de Gdańsk ont été reprises par sa première adjointe Aleksandra Dulkiewicz.

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Przemysław Kossakowski