Robert Fico emporté à son tour par l’affaire Kuciak

Après le chef de la sécurité nationale et le ministre de l’Intérieur, c’est au tour du Premier ministre slovaque de démissionner suite à l’assassinat du journaliste Ján Kuciak, à la fin du mois de février.

« J’ai rencontré le président aujourd’hui, aux côtés des partenaires de la coalition, et je lui ai proposé de démissionner du poste de Premier ministre afin de résoudre la crise politique », a déclaré Robert Fico lors d’une intervention télévisée en fin de journée mercredi. « Si le président l’accepte, je suis prêt à démissionner demain », a assuré le Premier ministre, entouré de ses coalisés, Béla Bugár sur sa gauche (Most-Híd) et Andrej Danko sur sa droite (SNS).

Robert Fico a toutefois posé plusieurs conditions au président Andrej Kiska à son départ : il ne doit pas y avoir d’élections anticipées et son parti majoritaire à l’assemblée, le SMER-SD, doit nommer son successeur à la tête du gouvernement.

Par cette volte-face, le dirigeant slovaque espère empêcher la chute du gouvernement et la tenue de législatives qui pourraient être fatales au parti qu’il va continuer de diriger.

Cette décision de Fico a été permise par le revirement du parti issue de la minorité hongroise, Most-Híd (le pont) et de son dirigeant Béla Bugár qui avait déclaré lundi : « la crise ne peut trouver une issue que par des élections anticipées ». Mercredi, celui-ci a estimé que la démission de Robert Fico « peut calmer la situation ».

Robert Kaliňák, ministre de l’Intérieur depuis neuf ans, avait démissionné lundi. Le grand quotidien slovaque Sme, suppose que l’actuel vice-Premier ministre Peter Pellegrini pourrait succéder à Robert Fico.

Tous les regards se tournent à présent vers le mouvement « Pour une Slovaquie décente » (Za slušné Slovensko) qui a organisé les plus grandes manifestations de l’histoire de la Slovaquie démocratique ces deux dernières semaines et qui prévoit une nouvelle manifestation ce vendredi à Bratislava. Il réclame la démission du gouvernement. « Finissons le travail que nos parents ont entamé en 1989 !« , peut-on lire sur sa page facebook.

Slovaquie : le pouvoir de Fico se délite peu à peu